mardi 6 août 2019

QuantiKa, tome 1 : Vestiges - Laurence Suhner







Me voici arrivée au terme de la lecture de Vestiges, de Laurence Suhner. Une lecture qui m'a longtemps laissée dubitative pour finir par me happer complètement.

L'histoire se passe sur Gemma, une planète de glace et de vents aux confins de la galaxie sur laquelle les humains ont abandonné une colonie à elle-même. Cohabitent la milice, chargée de surveiller l'immense Arc en orbite autour de la planète, vraisemblablement un vestige extra-terrestre dont personne n'a réussi à percer le mystère ; des scientifiques, qui tentent de percer les secrets de la planète ; Les enfants de Gemma, groupuscule anti-science, première génération née sur Gemma, qui revendiquent le fait de ne pas abîmer la planète comme l'ont fait les Hommes sur Terre.

Une narration à plusieurs voix, où l'on découvre Haziel, énervant jeune pilote, sûr de son charme et de ses capacités ; Kya, une gamine de 18 ans qui part dans tous les sens ; Stanislas, le père de Kya, et son équipe de scientifiques chargés d'étudier des perturbations quantiques qui bouleversent la vie sur la planète ; Ambre Pasquier, une scientifique obnubilée par l'idée de percer la couche de glace de la planète afin de, peut-être, trouver des vestiges en lien avec la civilisation qui les a forcément précédés, au vu du grand Arc.

L'histoire est lente à démarrer, l'autrice prend son temps, tisse ses fils afin de tout mettre en place. L'ambiance glace et vents, la science omniprésente et les recherches qui mettent du temps à se lancer, le tout saupoudré d'une volonté supérieure qui tirerait les ficelles m'ont fortement rappelée ma lecture de Sphère, de Michael Crichton. J'ai eu du mal à maintenir mon intérêt sur la première moitié. Certains personnages sont durs à aborder : l'autrice campe des personnages plutôt insupportable, et nous le fait bien ressortir. Kya et son caractère d'ado en crise, Ambre et son côté "personne ne me parle, je mords". Heureusement que les autres figures restent accessibles et que Haziel, tout aussi insupportable qu'il soit, venge un peu le lecteur en titillant la scientifique. Dans l'ensemble on a un joli panel de personnalités.
 
La seconde partie, où les choses prennent corps, prend tout son sens avec l'aboutissement des recherches, ou en tout cas, le début de l'aboutissement des recherches, et donne le ton sur ce qui va suivre. Un bouleversement va venir créer un déséquilibre des forces et obliger les scientifiques à aller au-delà de ce qu'ils avaient prévu. Les bases scientifiques abordées par l'autrice sont passionnantes et apportent un gros plus qualitatif, le tout émaillé de culture et religion hindoue, j'ai beaucoup, beaucoup aimé cet aspect. Le bouillon de culture est réussi, et surtout, à partir de là, dur de lâcher le livre.

Au vu de l'ensemble, je dirais qu'il s'agit surtout d'un tome introductif, qui pose des bases et esquisses un début d'intrigue. Je pense que je vais lire avec grand intérêt le tome suivant.

Pour ceux que cela intéresserait, un site sur l'univers a été créé par l'autrice : http://quantika-sf.com/wp/. Peut-être ne pas trop lire, je crois que je me suis spoilé un truc au passage. En revanche, comme à la base, l'oeuvre était prévu pour être une bande dessinée, Laurence Suhner propose quelques illustrations sympa.

En somme, une lecture exigeante, de qualité, avec des personnages vraiment agréable et qui contribuent grandement à l'intérêt de l'histoire. 
 
 
 
C'est du bon !
 

samedi 11 mai 2019

La Lyre et le Glaive, tome 1 : Diseur de mots - Christian Léourier





Résumé :  Lorsque Kelt se voit refuser le passage d'un pont parce qu'il ne peut s'acquitter du péage, il prédit l'effondrement de la construction. Ainsi sont les diseurs de mots, ils ont de drôle de pouvoirs, jamais ils ne mentent et, dit-on, leurs vérités ensorcellent. Accusé par le gardien du pont d'avoir jeté un sort à l'ouvrage, Kelt est arrêté. Heureusement pour lui, Hòggni, un mercenaire en mal de contrat, se porte volontaire pour le représenter lors d'une ordalie, et remporte le combat. Vexé, le seigneur local les envoie au devant du danger, en mission au Heldmark, où le culte d'un dieu unique se répand comme la peste.



Avis : Un ouvrage que j'attendais avec grande impatience. Christian Léourier fait partie des conteurs que j'affectionne, capable de vous plonger dans un monde travaillé, riche de cultures et pratiques différentes ; non pas une visite dans un autre monde fantasy "classique", tissé à partir de nos légendes, mais une virée complètement dépaysante dans un ailleurs. C'est ce tour de force que j'ai découvert à travers le merveilleux cycle de Lanmeur, et que j'ai retrouvé ici dans Diseur de mots.

Diseur de mots, c'est également cette magie qu'à l'auteur de tisser lentement et patiemment une trame fine et détaillée, dont les différents fils s'assemblent à la fin de manière subtile et complètement logique, sans pour autant tomber dans des explications lourdes et indigestes.

L'univers dans lequel les personnages évoluent se dévoile au fur et à mesure. Régi par un principe suprême, l'Axe-Divin incarné dans deux êtres parfaits garants de l'équilibre du monde, il est administré par des commanderies au sein desquelles les hartlee font office de chefs. Les religions y sont multiples et rendues à des dieux variés. Le surgissement d'un Dieu unique vient bouleverser cet ordre et devient prétexte à une guerre entre deux commanderies. Plus que l'histoire d'une guerre, c'est l'histoire de l'unité du monde, des croyances et de la remise en cause de ce qui est immuable.

Les personnages m'ont beaucoup plu. Comme dans tout monde de fantasy, on a des guerriers, des dirigeants, des paysans. Mais les principaux protagonistes de cette histoire ne sont pas des bretteurs hors pair, des combattants. Ils sont un diseur de mots qui ne maîtrise pas son talent et ne sait pas se servir d'une arme, une danseuse, un érudit... Leur but n'est pas la conquête, la vengeance, la gloire, mais l'amour, des chimères, le savoir. Des schémas que l'on croise peu dans ce genre et que j'ai beaucoup apprécié de voir mis en avant.

Si, contrairement à Lanmeur, ce texte n'est pas pour moi un coup de coeur, il reste une extraordinaire toile. Au-delà de l'aventure vécue, ce qui m'a complètement fascinée, c'est la façon dont Christian Léourier bâtit ses univers et nous les distille avec brio, par petites touches. A dévorer !

C'est du bon !




samedi 4 mai 2019

Le dompteur d'avalanches - Margot Delormes




Résumé : Bienvenue dans les tribulations montagnardes de Ditto, jeune garçon qui, lors d'une attaque de dragon, se découvre le don d' "écouleur" : il peut modifier la matière. Problème : dans hameau et ceux alentours, les écouleurs ne sont guère appréciés, et il risque fort de se retrouver livré aux mains d'une église peu tolérante avec les dons magiques. Ditto est contraint de fuir dans la montagne, à la recherche de la Lorlaïe, une créature qui pourrait peut-être l'aider... 


Avis : Un ouvrage particulier, que j'ai mis un certain temps à apprécier. Les premiers contacts avec l'univers de Margot Delorme paraissent relever du jeunesse : un bestiaire riche, un jeune garçon, certains passages qui peuvent paraître simples. 

Mais peu à peu j'ai été touchée par l'aspect un peu brut et atypique de l'ouvrage : le style et le vocabulaire. La narration est presque parlée. Au début c'est dérangeant. Et puis l'autrice adapte à son univers des mots de patois, des légendes, des mots trafiqués qui ressemblent au nôtre. Le tout donne un mélange plutôt subtil, fin, drôle, plein de clins d'oeil... et au final pas si simple (ni simplet) que ça.  On trouve des dahus au milieu des moutons et des chèvres, on évoque l' "Evrope"... J'ai beaucoup aimé certains clins d'oeil à plusieurs oeuvres, cinématographiques ou littéraires.

D'un premier tiers que j'ai traversé sans plus que ça, au reste de l'ouvrage que j'ai littéralement dévoré, en en apprenant plus sur le don de Ditto, sur les liens et implications des différents personnages au sein de ce monde magique, mon regard a vite changé. Même certains personnages qui m'agaçaient un peu au départ de par leur côté très jeunesse (un caracal bleu et une marmotte) me sont devenus sympathiques. 

Le seul gros point dommage, c'est d'avoir voulu vendre l'ouvrage, en quatrième de couverture, comme de la fantasy à la Miyazaki. Je pense que ça peut être un très gros point de déception pour les lecteurs qui s'attendent à cet aspect. Car de Miyazaki, je vois vaguement la mention d'un personnage dans une phrase qui pourrait s'y rattacher, mais sans plus. Je dois avouer que c'est ce qui m'a aussi tenue sur ce premier tiers où j'ai eu du mal à accrocher ; c'est à partir du moment où j'ai lâché la recherche de cet aspect que j'ai réellement apprécié l'ouvrage pour ce qu'il était. 

La fin est particulièrement sympa... et à ce stade, l'autrice a esquissé bien des choses, dont j'espère que nous pourrons lire plus avant dans d'éventuelles suites. 

En attendant, une très, très bonne surprise. J'en attendais du bien... mais cela a pris une forme autre que celle que j'attendais au départ. Un petit bijou de langue, d'univers et de finesse, que je vous engage à découvrir (sans vous attacher à Miyazaki ;) ).


C'est du bon !

mercredi 24 avril 2019

Les Sentiers des Astres, tome 3 : Meijo - Stefan Platteau




Résumé : Pour avoir mis à mort la Croque-Carcasse, l’ourse sacrée du Lempio, la jeune Nisu s’est vue bannie de son île natale, il y a près de dix ans. Pourchassée par une ombre, hantée par l’Outre-songe, elle s’embarquait vers l’Héritage, en compagnie de son amant Meijo.Par quels caprices du destin l’apprentie chamane est-elle devenue la Courtisane Shakti ? Pour le savoir, le Barde Fintan et ses compagnons devront patienter un peu. Car le répit offert par les Teules, propice aux bons récits, aura bientôt vécu : déjà les flammes rugissent, la forêt boréale résonne d’abois fauves et de cors démoniaques. Il est temps de reprendre la quête du Roi-diseur, de marcher dans les pas des géants ! Et puisqu’il faut déjouer la traque, l’heure est peut-être venue d’emprunter enfin les Sentiers des Astres… 


 Avis : On ajoute un troisième coup de coeur aux deux précédents, car oui, ce tome trois réunit à nouveau les ingrédients qui m'ont beaucoup plu. 

Nous voilà donc de retour chez les Teules, en compagnie des restes de l'expédition Rana. Et toujours la nécessaire fuite face aux Nendous, déterminés à faire payer à nos héros le prix de leur imprudence. Avec toujours cette lenteur suave et un extraordinaire talent de conteur, l'auteur emmène le lecteur sur les Sentiers des Astres, modelant les mots, les entremêlant, et tel notre barde Fintan, nous ensorcèle avec une facilité déconcertante au gré de son dit.

Pour des raisons que je vous laisse découvrir, Shakti est à nouveau amenée à narrer son passé. Avec tristesse et effroi, j'ai suivi son voyage avec Meijo, personnage abject s'il en est, et admiré tout du long ce personnage féminin, si tenace et persévérant. D'autres figures se dévoilent le long de ce double récit, notamment celui de Kunti - la confrontation finale est plutôt magistrale, et tout comme les dernières pages des précédents tome, l'auteur sait vraiment envoyer du lourd. 

Tour à tour émerveillée par les riches cités évoquées par Shakti, titillée d'angoisse, voire écoeurée par les rares mais éprouvantes manifestations des Nendous, la capacité évocatrice de la narration est vraiment ce qui fait la force de cette saga. La diversité des cultures, la diversité déployée pour faire découvrir les cultes, les rites, les conflits qui animent la société de l'Héritage m'ont littéralement transportée ailleurs. Le tout sur l'édition en dur des Moutons électriques, et vous voilà comme un gosse qui lit son premier gros livre de conte, qui l'ouvre avec la fièvre d'y découvrir les friandises qui l'attendent et le referme avec regret.

Une lecture lente, qui prend son temps, mais qui se savoure à chaque mot, chaque phrase, chaque page ; dans laquelle je ne peux qu'encourager quiconque lira ses lignes à s'immerger. De mon côté j'attends le tome 4 de pied ferme.



Coup de coeur





dimanche 24 mars 2019

Olangar - Clément Bouhélier




Résumé : Dix-sept ans ont passé depuis la bataille d'Oqananga, où la coalition entre les Elfes et les Hommes a repoussé les Orcs par-delà les frontières.À l'approche des élections, Olangar est une capitale sous tension, véritable poudrière où seule manque l'étincelle. Tandis que les trois candidats noircissent les journaux de leurs promesses, les accidents se multiplient sur les chantiers navals ; les salaires se font attendre et la Confrérie des Nains menace d'engager un mouvement de grève d'une ampleur jamais vue. À leur tête, Baldek Istömin ira jusqu'au bout.Au même moment, Evyna d'Enguerrand, fille d'un ancien seigneur de guerre, débarque en ville pour chercher la vérité sur la mort de son frère, soldat assassiné au Grand Mur dans d'étranges circonstances. Pour l'aider, elle fait sortir de prison Torgend Aersellson, un Elfe banni par les siens et vieil ami de son père. Ensemble, ils se lancent dans une enquête acharnée, qui les mènera des bas-fonds de la cité jusqu'aux couloirs de la Chancellerie et ses arcanes politiques.


Avis : Une histoire en deux tomes, qui nous présente la version mines à charbon et lutte sociale version fantasy. Oubliez les elfes hautains et évanescents, les nains dans leurs mines de mithril et le sociétés basées sur une époque médiévale fantasmée. 

Le style de l'auteur m'a déroutée dans un premier temps : un flashback sur le passé sombre de Torgend, l'elfe déchu, des irruptions des pensées des personnages en italique en plein milieu d'un paragraphe explicatif. Et puis chemin faisant, on s'y fait, le flashback n'est que contextuel et ponctuel, le style apporte au final un rythme particulier mais haletant. 

Les personnages sont particulièrement intéressants, loin des clichés du genre, chacun a sa petite histoire et ses blessures et ses secrets pas vraiment avouables liés à cette fameuse guerre. Torgend, Evyna, Baldek et les personnages qui gravitent autour d'eux évoluent, luttent, enquêtent avec âpreté et acharnement. On s'y attache, on suit leurs aventures avec avidité.

Le contexte général est particulièrement intéressant, l'auteur livre une intrigue sur fond d'intrigues et malversations politiques, le genre de titre que j'aime à citer quand on me dit que la fantasy est déconnectée de la réalité. Les nains, leur syndicat et leurs actions m'ont fait rire, souvent jaune, surtout au vu de notre actualité actuelle. 

Le premier tome m'a davantage plus que le deuxième tome, bien que le second soit une suite directe. J'ai trouvé ce dernier un peu plus mou, un peu alourdi par le sentiment de plus en plus dépressif qui émane des personnages alors qu'ils fouillent toujours plus profondément dans la vase qu'ils soulèvent à travers leur enquête. La fin m'a peu surprise lorsque l'on découvre la cause finale de toutes les malversations - on le sent venir et l'auteur a semé suffisamment d'indice - cependant le traitement et les implications finales sont particulièrement intéressantes. Et surtout, on se demande si de nouvelles aventures en Olangar verront le jour.

Diptyque atypique aux accents de western et de films de Martin Scorcese, Olangar propose une fresque prenante. A découvrir sans modération.



A dévorer

mercredi 27 février 2019

Magie ex-libris, tome 1 : Bibliomancien - Jim Hines






Résumé : Isaac Vainio est un bibliomancien. Membre de Die Zwelf Portenære, les Douze Gardiens des Portes, une organisation secrète fondée par Johannes Gutenberg, il dispose d’une magie très particulière : il peut puiser à volonté dans les livres et en tirer n’importe quel objet du récit. Et Isaac, en vrai fan de science-fiction et de fantasy, préfère par-dessus tout utiliser des pistolets laser, des ceintures-bouclier de Dune et des sabres laser de Star Wars quand les Gardiens l’envoient sur le terrain combattre les menaces magiques qui guettent la Terre.

Sauf que, deux ans plus tôt, manquant perdre la raison et la vie au cours d’une mission qui a mal tourné, Isaac a été mis au placard. Réduit au rang de simple catalogueur, il ne conserve de son ancienne vie d’agent de terrain que Titache, sa fidèle araignée-flamme, qui a la particularité de prendre feu en présence d’un danger.

Son existence rangée bascule le jour où trois vampires débarquent dans sa bibliothèque pour le tuer. Les Gardiens auraient déclaré la guerre aux morts-vivants…



Avis :  Une lecture aux accents très bit-lit, genre que j'apprécie très peu après plusieurs déconvenue. Pour celui-ci, réussite est là ; le côté parodique a nettement contribué à me raccrocher à l'histoire. Entre boutades et références multiples à l'univers SFFF (Science-fiction, Fantasy, Fantastique), le rire est là, surtout lorsque l'on percute certaines références (entre nous, des vampires "Sanguinari Meyerii", appelés "Pailletés", dès les premières pages, ça commence fort et ça promet du bon). Et puis on ajoute des clins d'oeil à Dr Who, je ne pouvais qu'adhérer...

Le personnage d'Isaac et celui de Léna sont réussi. Si on tombe dans une relation "façon bit-lit" - j'entends par là un "je t'aime mais j'ose pas" qui s'étirerait - , l'auteur ne tombe pas dans des travers agaçants, et le personnage féminin qu'est Léna, tout attaché qu'il soit par les lois magiques qui le tiennent, est particulièrement bien campé par l'auteur. Les personnages qui gravitent autour d'eux se dévoilent peu à peu - la psy, les vampires, la cheffe de section des Zwelf Portenaere. J'ai particulièrement aimé la compagne du héros, une araignée-flamme du nom de Titache.

L'histoire en elle-même n'est pas particulièrement compliquée : il s'agit d'une enquête qui se révèlera plus complexe que les constatation de départ. En revanche le gros point fort, c'est le système magique inventé et le principe de Die Zwelf Portaenere : on peut tirer de tout livre les objets tels qu'ils sont décrits, avec les pouvoirs et restrictions qui sont décrits. Forcément, cela pose souci, notamment avec des livres qui proposeraient des objets qui promettraient trop de chose (le Graal par exemple). Il faut donc des garde-fous, que l'on découvrira dans un premier temps à travers les Automates, des assemblages doués de vie. Eux et leur maître (dont je vous laisse découvrir l'identité, côté invention j'ai aussi beaucoup aimé) confèrent au livre un petit côté steampunk assez sympathique. D

Côté style, on a du simple et de l'efficace sans chichi, qui se laisse parfaitement bien lire et qui sait ménager ses effets et maintenir l'attention du lecteur. Il m'a plus d'une fois été assez dur de lâcher le livre. 

En somme, une aventure magique trèèèès plaisante, particulièrement ludique pour ceux qui aiment l'univers SFFF, et presque un parcours de découverte pour qui souhaiterait s'intéresser à certains titres (l'auteur propose une bibliographie des livres cités en fin d'ouvrage). Deux suites sont déjà parues.



C'est du bon !

jeudi 7 février 2019

Power Club, tome 1 : L'apprentissage - Alain Gagnol








Anna Granville est une jeune fille de 17 ans, issue d'une famille très riche et qui questionne peu son mode de vie. Ses parents lui offrent, pour son 17e anniversaire, une entrée au Power Club, le club des super-héros. Adulés par le monde entier, ces jeunes gens se sont vu greffer des "boosters" afin de leur permettre de développer invulnérabilité, force herculéenne et capacité à voler. Tout d'abord critique sur leur propension à devenir des supports de publicité, Anna oublie ses récriminations quand ses parents lui annoncent la nouvelle. Mais elle va découvrir que le Power Club s'est approprié par le pouvoir de l'argent des passe-droit plus que dérangeants...

Une très bonne, une excellente surprise que cette lecture. Très frileuse avec la littérature adolescente et les clichés habituels d'histoires de coeur et d'inimitié, j'ai vite constaté que Power Club ne tombait pas dans ces écueils. L'héroïne, bien loin des portraits d'ado très classiques comme on peut en croiser à la pelle dans les dystopies si plébiscitées, possède d'emblée une patte, une tournure d'esprit drôle, agile, fine qui nous la rend tout de suite attachante. Il en va de même pour sa copine Lisa, gaffeuse invétérée à l'humour acide. Chaque personnage est façonné avec minutie et tous disposent d'une réelle présence.

J'ai longtemps craint que ce premier tome ne soit qu'une longue introduction à la suite. Que nenni. Le lecteur ou la lectrice découvriront le fonctionnement du Power Club, ainsi que les grains de sables qui se sont glissés dans les rouages de leur renommée. L'auteur sait distiller les différentes informations de manière subtile sans passer son temps à les expliquer. On sent qu'un truc ne va pas, que quelque chose ne tourne pas rond, et on se demande quand l'ensemble va se fissurer. 

Petit-à-petit, on glisse d'une histoire de jeunes riches ravis d'être hissés au rang de célébrités au problèmes posés par la détention de super-pouvoirs. Les questionnements sur le rapport aux autres lorsque l'on est invulnérable est particulièrement intéressé, et plus d'une fois Anna vacille sur ses certitudes. Plus intéressant encore, en échange d'interventions musclées pour rétablir une situation de conflit (une prise d'otages, un braquage, etc), les membres de Power Club disposent de "facilités" légales afin d'effacer rapidement tout dommage collatéral. Se posent alors, bien évidemment, des problèmes éthiques, où l'argent de leurs sponsors entre bien évidemment en jeu.

J'ai énormément aimé la façon dont l'auteur intègre les thèmes de la publicité, des médias et des lobbies d'argent à l'ensemble, pour nous proposer un final pas si loin du thriller, émaillé des finasseries juridiques entre l'avocat d' Anna et la directrice du Power Club. Le tout au détriment de mes ongles, que je ne ronge pourtant plus depuis longtemps. 

Un excellent roman donc, pas si édulcoré qu'on pourrait le croire ; écrit avec finesse et intelligence, sans temps mort, et avec des bouts de personnages très attachants dedans. Je conseille vivement. 


Excellent !