dimanche 19 juin 2016

Silo - Hugh Howey







Résumé : Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s'inscrire à une loterie, et les ticket de naissance ne sont distribués que lorsqu'un vivant décède et libère une place pour une nouvelle vie. Les citoyens qui enfreignent les lois sont envoyés à l'extérieur du silo, extérieur mortel pour toute vie, balayé par des vents toxiques. Bientôt, les rouages bien huilés du silo se mettent pourtant bientôt à grincer : certaines personnes commencent à penser que les dirigeants leurs mentent quant à ce qui se passe à l'extérieur. Et quand la révolte gronde dans un espace clos, les événements deviennent vite dangereux…



Avis : Un bouquin acheté il y a quelques années, au moment de sa sortie. Le résumé Acte Sud ne me disait pas grand-chose, mais sur internet, quelques avis positifs émergeaient. Curieuse, j'ai donc tenté la lecture (même si ç'a été des années après…).


Trame 

Dans son ensemble, Silo n'est pas le livre qui brille par une grande originalité de scénario. En effet, pour qui est habitué au genre SF et a un peu traîné ses guêtres du côté du post-apo, Silo présentera le très classique schéma d'un huis-clos où les survivants commencent à se poser des questions quant aux personnes qui les dirigent. Complots, histoires d'amour, visite d'une organisation bien huilée pour garantir la survie et la docilité de ses habitants, tout y est. Silo n'est donc pas LE roman qui m'a marqué. Il se lit aisément, plaisamment, mais n'est pas spécialement transcendant dans son propos.

En revanche, ce qui m'a plu ç'a été la description des relations humaines. L'auteur est plutôt fin de ce côté-là, et propose quelques passages vraiment beaux et intéressants. Deux histoires d'amour émergent, et surprise : en plus de ne pas envahir le paysage, elles sont joliment décrites, discrètes, et apportent un vrai plus à l'ensemble. 

Un autre point très plaisant : la découverte du silo et de son organisation. L'auteur a imaginé une organisation très précise, et la découvrir avec les personnages est à la fois plaisant et effrayant quand l'on regarde notre monde. D'autre part, cette découverte du silo donne lieu à des moments d'exploration, plus loin dans le roman, en compagnie de Juliette, l'héroïne principale, et la visite en devient vite haletante, voire étouffante (je n'en dit pas plus, ce serait vous gâcher la suite ;) ).


Les personnages

Les personnages, à l'instar du scénario, comportent du bon et du moins bon. L'auteur en développe plusieurs, tous intéressants, mais pas avec la même profondeur. Du coup, on en lâche certains, d'autres sont à peine esquissés. Je pense notamment aux personnes des machines comme Shirly, Courtnee, Walker ou Knox, qui ont des rôles très forts, mais qui malheureusement n'ont pas été travaillés de sorte à ce que le lecteur les prenne réellement en affection. Certains personnages sont très intéressants, mais font de trop courtes apparitions, comme Jahns ou  Scottie. 

En revanche, j'ai beaucoup aimé le personnage de Juliette, dite Jules, une nana des Machines, sorte de McGyver qui peut tout réparer, au tempérament fort, et qui a une poigne suffisamment forte pour prendre les événements en main. Un personnage féminin comme on en voit peu (et Jahns était dans cette ligne), et que l'on aimerait voir plus souvent. 


Le style

Là en revanche, l'écriture pèche un peu à mon goût, notamment sur la longueur. Le livre est assez épais, et sur un huis-clos comme celui-ci, jouer à fond la carte du suspens aurait été tout indiqué pour donner un thriller pêchu. Non que je recherche l'action à tout prix ; j'apprécie les textes contemplatifs. Mais là, l'auteur ne peut s'empêcher d'associer le lecteur à un point de vue presque omniscient, et c'est dommage. Au lieu de découvrir certains rebondissements avec les personnages et de vibrer avec eux, le lecteur attentif aura de nombreux détails et indices à l'avance, cassant ainsi l'effet de surprise. Et là où jouer le suspens aurait permis de donner un rythme, le procédé utilisé installe plutôt des longueurs, qui donne un texte au rythme très en dents de scie. Et c'est dommage, parce que tous les ingrédients d'un post-apo énergique étaient au rendez-vous…


Le mot de la fin : Au final, Silo fut une aventure distrayante. Agréable mais sans plus. Là où je m'attendais à la "révélation" promise en 4e de couverture, j'ai plutôt lu un divertissement agréable. Même si j'ai apprécié, mon impression finale aura plutôt été celle d'un soufflé qui se dégonfle. 



Pas mal...

2 commentaires:

Acr0 a dit…

J'ai bien aimé cette trilogie, les passages où il y a moins de suspense m'ont moins dérangée. J'ai apprécié l'univers et les personnages moi aussi. Souhaites-tu découvrir la suite ? (Je n'ai pas su si tu utilisais cette couverture pour parler seulement du premier tome ou de la saga)

Ryuuchan a dit…

Je n'ai lu que le tome 1. Comme il n'y a pas d'indication sur le livre signalant que c'est une trilogie, je t'avouerais que je l'ai lu comme un one-shot. Du coup j'irai sûrement lire les deux autres, voir si cela apporte un plus :)