mercredi 5 décembre 2018

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman






Résumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brulée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...


Résumé : Plongée dans le monde très burtonien de Neil Gaiman à travers les aventures de Nobody Owens. J'ai retrouvé avec plaisir cette ambiance qui m'avait beaucoup plus dans Neverwhere, un brin glaçante, où les personnages de conte de fée ont des crocs et vous font dresser les cheveux sur la tête.

J'y ai également retrouvé cette narration simple et très "graphique" dans sa manière de mettre en scène les lieux, les personnages, les actions, mâtinée d'humour parfois au vitriol ; une narration qui évoque avec succès l'ambiance brumeuse et lugubre de l'accueillant cimetière de Nobody. Côté imagination et clins d'oeil, on est servi, l'auteur se fait plaisir avec les épitaphes des tombes, les énergumènes que celles-ci abritent, des trésors et des méchants aux longs couteaux.

Vampires, vouivres, fantômes, goules, sorcières, tout est là pour un conte à la fois glaçant et chaleureux, à lire emmitouflé dans son pull avec une bonne tasse de thé à portée de main lors d'une soirée de Toussaint.

Quant à l'histoire en elle-même, on a là une fort sympathique aventure, celle de Nobody qui découvre les embûches du monde des morts... mais aussi celles du monde des vivants, accompagnées de leur lot de personnages truculents.

Je reste cependant légèrement sur ma faim en ce qui concerne le dénouement de l'histoire, que j'ai trouvé un peu trop facile. Les Jack étaient une trouvaille assez chouette, je regrette qu'ils aient été si peu exploités tout au long de l'histoire, de même que je regrette que l'idée générale paraisse un peu brouillonne : au final, on ne sait pas bien qui ils sont, ni pourquoi ils font ce qu'ils font... alors que toute l'histoire repose sur les actes de l'un d'eux. L'auteur avait sûrement une idée précise, mais la façon dont cela a été mis en scène m'a paru confuse.

En soi donc, une aventure fort sympathique et particulièrement distrayante, qui tire surtout sa force de l'atmosphère, de l'ambiance que l'auteur tisse autour du lecteur... Même si, dans le même esprit, je lui ai davantage préféré Neverwhere, que j'ai trouvé plus abouti.


Se grignote au coin du feu...

Mes vrais enfants - Jo Walton







Résumé : Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès ? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

Avis : Mes vrais enfants propose un récit en deux temps, du point de vue de la même personne : celui de Patricia, une vieille dame âgée, qui ne sait plus très bien si elle perd complètement la mémoire, ou si elle a vécu deux histoires, dont les souvenirs de télescopent. Voilà donc le lecteur reparti dans son passé... passé dans lequel elle devra faire un choix qui bouleversera sa vie.

C'est à cet embranchement que l'histoire de divise en deux fils narratifs ; le premier où l'on suit une Patricia effacée, soumise à un mari pétri de religion, paternaliste et aigri, et où elle devient la mère au foyer qui trime toute la journée. Peu à peu, elle apprend à faire un pas de recul, se raccroche à ses enfants, puis fini par prendre sa vie en main et à s'engager en politique et dans des associations. La narration est d'autant plus fine que la brusque révolte à laquelle on s'attendrait ne vient pas ; Patricia subit son sort sans pour autant paraître "faible" : elle va, et c'est ce qui la rend si humaine. C'est un nouvel élément de sa vie qui la poussera à tout réorganiser.

Le second où l'on suit une Patricia émancipée, qui va partir à l'étranger, rencontrer une femme et fonder une famille. Cette Patricia découvre l'homosexualité dans une Angleterre qui la condamne et, au fil du temps, découvre la difficulté de mener une vie de famille, et même une vie tout court sans les droits qui la protègent. L'administration devient une barrière. Pour autant, elle trouve des solutions et continue à avancer.

Un récit particulièrement riche et prenant qui nous fait traverser le 20e siècle sur fond de luttes sociales, de libération sexuelle, d'émancipation des femmes. Les deux histoires de Patricia sont très différentes, mais toutes deux touchent à des sujets traités avec finesse, sans mélo et avec beaucoup d'humanité.

Plus qu'une uchronie, c'est davantage l'histoire d'une femme et celle d'une société ; passionnantes toutes les deux.


mercredi 17 octobre 2018

Dracula - Bram Stocker






Résumé : Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d'un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Très vite, il se rend à la terrifiante évidence: il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...



Avis : Un classique que j'ai tenté de lire il y a des années, sans vraiment accrocher. L'aspect journal intime et épistolaire m'avait paru difficile d'accès. Je me suis replongée dedans à l'occasion du Pumpikng Autumn Challenge de Guimause. Pas prévu au programme, mais quand on m'invite fort sympathiquemet à une lecture commune, je suis toujours partante.

Plongée donc, dans l'univers gothique de Bram Stocker, sombre à souhait. Je ne m'attendais pas un livre d'épouvante - je suis une froussarde qui ne regarde jamais de film d'horreur - pour tant, les frissons se sont invités... avec un certains plaisir, je dois l'admettre. L'ambiance Carpathe dans le château du comte, ses loups, ses nuits et ses songes hallucinés m'ont énormément plu, le tout mâtiné d'un style d'écriture désuet mais particulièrement agréable. 

Le retour en Angleterre m'a paru tout aussi chouette : découvrir Mina, les déboires de Lucy, les nuits hantées par les cauchemars et les chauve-souris inquiétantes, les garçons au chevet de la demoiselle. Bon, je sais, c'est l'époque paraît-il, mais côté place de la femme, on repassera. Il serait malhonnête de fustiger le livre en y appliquant mon regard du 21e siècle... mais certains passages sur les faibles femmes m'ont néanmoins un rien fait fumer les naseaux. Ah tient, et parlant idées d'hier, mention spéciale aux soins appliqués, qui m'ont bien fait rire : entre le verre de vin après un don du sang, ou l'application de Brandy sur la demoiselle évanoui... je n'ai pu m'empêcher de sourire. 

Un milieu d'histoire un brin en-deçà du reste m'a un peu fait décrocher, quelques longueurs y sont certainement pour quelque chose. Et puis regain d'intérêt sur les dernières pages, lorsque la traque est engagée. En soi, un classique que j'ai particulièrement apprécier de lire - enfin - et qui me fait constater à quel point il a marqué le cinéma et la littérature. 


C'est du bon !

L'enfant de poussière - Patrick Dewdney






Résumé : La mort du roi et l'éclatement politique qui s'ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu'au jour où il est contraint d'entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d'un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu'il se voit accusé d'un meurtre. En fuite, il épouse le destin rude d'un enfant-soldat.



Avis : Quelques lectures d'avis particulièrement positifs sur ce livre m'ont poussée à m'y plonger. Je l'ai refermé un peu mitigée, mais néanmoins prête à lire la suite.

L'enfant de poussière offre un moment de fantasy lent, souvent contemplatif - parfois même un peu trop - et particulièrement attaché aux relations humaines - une rareté dans le genre, et particulièrement appréciable. C'est à la fois ce qui en fait sa force et sa faiblesse : mon immersion dans l'histoire a été en conséquence très en dents de scie, alternant les passages où je me suis ennuyée, et des moments de narration particulièrement exaltants. L'auteur s'attarde beaucoup sur les paysages et sur les états d'âme de Syffe, le narrateur - l'univers paraît de ce fait particulièrement riche et fouillé.

Cet attachement aux détails apporte une certaine proximité avec les personnages, que l'on apprend à connaître petit à petit. L'aspect "relations humaines" dont je parlais plus haut est particulièrement appréciable. Chaque protagoniste nous est dévoilé peu à peu et prend peu à peu sa place. J'ai notamment beaucoup aimé Nahirsipal et Osrick.

J'ai en revanche eu du mal à m'attacher à Syffe. En effet, sur une bonne première moitié, j'ai eu l'impression de retrouver FitzChevalerie, le héros de Robin Hobb. J'avais adoré L'assassin royal quand j'étais lycéenne. En revanche, retrouver un héros sur lequel on a l'impression que se concentrent tous les malheurs du monde m'a à la fois déstabilisée, et à failli me faire lâcher l'aventure. Heureusement, cet aspect s'efface petit-à-petit, l'auteur parvient à étoffer son héros, qui prend de l'assurance, et que l'on apprend à connaître et apprécier.

Les paysages, contrées et peuples sont également minutieusement présentés. Les clans et leurs manières de vivre donnent réellement envie de les découvrir, d'autant qu'avec ce premier tome, on effleure à peine leur culture. De nombreux mystères font surface et suivent le héros : quelles sont les personnes qui le suivent, que signifient ces rêves qui le hantent, en saurons-nous plus sur les "dreisi" ? Certains liens se font aisément et assez vite... mais l'auteur distille les informations de manière parcimonieuse et parvient à créer l'envie d'en savoir plus.

En somme, des haut et des bas dans ma lecture, mais une immersion particulièrement forte, qui m'a poussée à inviter le tome 2 dans mes rayonnages, prise par une envie de me glisser à nouveau dans cet univers que j'ai appris à apprécier... un peu comme on retrouve de vieux chaussons confortables. A voir comme la suite se présentera... j'en attends beaucoup !


C'est du bon !


jeudi 4 octobre 2018

Le songe d'une nuit d'octobre - Roger Zelazny







Résumé : Ce sera pendant l'horreur d'une profonde nuit, la dernière d'octobre. La lune sera pleine. On a un mois pour préparer le Jeu. Pour collecter les outils, déjouer les plans de ceux de l'autre camp, trouver l'endroit magique...L'enjeu est de taille : si ce sont les ouvreurs qui gagnent, alors les Anciens Dieux reviendront, et je ne vous dit pas la catastrophe !

Moi, Snuff le chien, je vous assure que je ne chôme pas. Entre mes rondes et les informations que je dois récolter, j'estime que je fais bien mon boulot. Notez, la chatte grise se débrouille bien aussi. Mais de quel bord est sa maîtresse ? That is the question...



Avis : Retour à mes premières amours SFFF : l'auteur Roger Zelazny. Un court roman comme il sait si bien les faire : simple, rapide à lire... et vraiment très, très plaisant à lire.

Notre "héros", Snuff, est le familier d'un certain Jack. Snuff assite Jack dans ses mystérieux préparatifs en vue d'un Jeu qui aura lieu dans la nuit du 31 octobre. Si l'on connaît un peu le principe de la Samain, on devine aisément et rapidement en quoi consistera le fameux Jeu.

En revanche toute l'histoire tient à ces préparatifs. Les espionnages, les commérages, les alliances et rivalités, le fait de savoir qui est dans quel camp, l'idée de ne pas se faire prendre, parce que mine de rien, le village paisible où tout le monde s'est installé n'a rien demandé.

Une histoire que l'on traverse vite. Pas forcément la meilleure que Zelazny ait pu écrire. Mais disons-le clairement : s'éclate. Ca complote dans tous les coins, et ça fourmille de clins d'oeil aux grandes oeuvres de littérature.

A grignoter tranquillement ; une histoire qui fait particulièrement du bien après une journée bien chargée.



Se grignote sans faim

mercredi 12 septembre 2018

Bob, textile futé & Visite fantôme - Luce Basseterre




 Résumé :


Vous pouvez changer de peau, changer de style, revoir toute votre garde-robe ou endosser de nouveaux costumes. Ou vous pouvez aussi laisser faire Bob. Bob peut tout changer pour vous, il peut vous transformer, littéralement. Mais attention, Bob ne connaît pas ses limites. Et si, un jour, il allait trop loin ?










Résumé :

En acceptant de reprendre un chantier suite à la disparition du directeur qui en avait la charge, Sophie Compagnon ne pensait pas remettre en question sa vision de la réalité. Mais il est des lieux en ce monde (ou dans un autre) qui ont vocation à vous bouleverser. Que l'ont ait des preuves de leur existence ou non.












Avis : Deux courtes lectures. Curieuse des petits opus que proposent les éditions 1115, j'en ai profité pour goûter à deux textes d'une autrice que j'aime beaucoup, Luce Basseterre. Deux aventures différentes mais fort agréables.

Visite fantôme propose un texte fantastique et met en scène... une cheffe de chantier. Comme d'habitude, on casse les codes et stéréotypes de genre, chose que l'on retrouve souvent (et qui me plaît beaucoup) chez l'autrice. Une histoire qui plonge dans une atmosphère poussiéreuse, une histoire de revenant, une histoire qui fleure bon les choses hantées. Voyage halluciné où l'héroïne tente de rationaliser l'irrationnel. Et en prime une chute bien sympa, comme on aime dans l'exercice de la nouvelle.

Bob, textile futé, dont le titre m'intriguait, propose un récit de science fiction. Nanotechnologies et hommes étranges au programme. Aperçu, là encore, des idées et inventions si plaisantes de Luce, et que j'apprécie toujours de retrouver.

Deux petits textes courts, proposés par les éditions 1115 dans une gamme de nouvelles vendues 2€. Pour le coup, j'ai trouvé leur slogan "agence de voyage littéraire" bien trouvé, car c'est le cas : on voyage. A déguster sans modération ! (je précise à tout hasard que cet article n'est pas un article "sponsorisé"... mais quand j'aime, je partage et j'en parle autour de moi ;) ).




dimanche 9 septembre 2018

Les sentiers des Astres, tomes 1 & 2 - Stefan Platteau



Résumé :

Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?








  Résumé : 

Sept hommes, une femme et une enfant. Ce sont les derniers compagnons qu'il reste au barde Fintan Calathynn pour mener à bien la quête du Roi-diseur, à travers une forêt boréale plus menaçante que jamais. Neuf survivants aux abois, retranchés dans la grotte des Teules, encerclés par l'ennemi. À l'heure où la gabarre livre ses derniers secrets, et où les arbres tremblent de la colère des géants, les fugitifs devront jouer cartes sur table et révéler les ombres issues de leur passé. À commencer par l'énigmatique Shakti...












 Avis : Une saga découverte un peu par hasard. J'attendais à une table aux Imaginales, lorsque j'ai entendu l'auteur, juste à côté, expliquer à une lectrice qu'il s'était inspiré de l'histoire des bateliers et des vikings. Intriguée, je me suis donc procuré les deux premiers tomes de cette saga.

Le début du premier tome m'a paru un peu lent. Le mystérieux Bâtard décide de raconter son histoire, mais prend son temps et se perd dans de nombreuses circonvolutions. En parallèle, l'histoire de ces hommes d'armes qui remontent le fleuve pour trouver le Roi-Diseur et dont on ne sait pratiquement rien ni des motivations (que l'auteur distillera au fur et à mesure), ni des personnes. Ce qui m'a surtout tenue, sur la première moitié, a été la richesse du monde dessiné peu à peu par l'auteur. Dans les deux fils narratifs, des mystères, des êtres fabuleux disparus, des géants noirs (ouuuh le Porcher Noir, des passages bien prenants et stressants), un fleuve et une forêt angoissants et recelant de nombreux dangers, un peuple mystérieux.

Et puis, deuxième moitié, les choses s'accélèrent, les deux fils se rejoignent. L'île des Lunaires a vraiment titillé ma curiosité, et on commence vraiment à appréhender et à s'attacher aux personnages. Et lorsque la Grande Gabarre appareille pour retrouver la Petite gabarre partie en éclaireur, autant dire que là, impossible de lâcher l'ouvrage.

Moi qui déteste les tentatives de vente quand on me présente un livre "digne du Seigneur des Anneaux"... je crois pourtant que là, je ne peux pas m'empêcher un parallèle. Pas dans les thèmes (qui sont complètement différents), mais dans le déroulé de narration. Un début assez lent et qui pose des bases, et une deuxième moitié qui lance les choses. Et je dois vous dire que, lorsque l'auteur fait sonner des cors aux abords du fleuve et que nos héros comprennent qu'ils vont devoir sauver leur peau, je me suis vraiment sentie dans le même état d'esprit que lorsque j'étais enfant et que j'ai abordé le passage de la Moria. Celui où la compagnie de l'Anneau se découvre coincée et commence à entendre les tambours ennemis résonner au loin. Un pur moment jouissif, où l'on vibre vraiment avec l'histoire et ses rebondissements. Et j'ai d'autant moins de mal à comparer Stefan Platteau à Tolkien que la plume, bien que différente, m'est apparue elle aussi particulièrement riche, précise, ciselée.

Je n'ai donc pu m'empêcher de sauter à pieds joints dans le deuxième tome, dont le rythme est (je rassure les craintifs de rythmes lents ;) ) plus soutenu dès le départ. On en apprend davantage sur Fintan, Miach, Nadrach, ces hommes partis chercher le Roi-Diseur. A ma grande joie, car c'était vraiment ma frustration du premier tome. On en apprend également plus sur le peuple de la forêt, les Teules, qui m'avaient déjà beaucoup séduite lors d'une brève rencontre précédente. Et on assiste également au récit d'un autre personnage : celui de la mystérieuse Courtisane, personnage énigmatique et dont le lecteur ne peut manquer, à l'instar des autres personnages, de se demander pourquoi le capitaine Rana, chef de l'expédition, a choisi de l'embarquer, elle et sa fille.

Un deuxième tome un rien plus sombre, où l'on découvre les peuple du nord et dont les notes de culture chamanique m'ont également beaucoup, beaucoup plu. En sus de la mise en scène d'un personnage féminin particulièrement intéressant.

Je comptais attendre la sortie poche pour acheter le dernier tome, Meijo... sorti en 2018. Trop long à attendre, il a dores et déjà atterri sur mes étagères en version grand format (oui, c'est tellement bien que j'ai osé dépareillé mes tomes :p).

En somme, une excellente saga, à découvrir, à lire. A mes yeux une oeuvre majeure de fantasy.



Coup de coeur




vendredi 7 septembre 2018

Pumpkin Autumn Challenge




Bonjour à tous et à toutes :) 

Un petit défi pour entamer l'automne : le Pumpkin Autumn Challenge de Guimause, qui déjà fleure bon le craquant et l'odeur des feuilles mortes, les couleurs flamboyantes et les fête à la citrouille (si, si u_u). 

Au menu... 4 menus. Le lecteur peut choisir de lire la totalité de l'un d'eux. Ou choisir de picorer. Pour ma part j'ai choisi le pallier Un appétit de goule, soit de lire les 3 livres de chaque menus Pour les modalités complètes, je vous invite dores et déjà à vous rendre chez Guimause si vous êtes intéressées.

En attendant, voici les menus en question :






Un petit tour sur des titres que j'ai choisis ? C'est par ici :


Automne frissonnant

Lasser, mariage à l'égyptienne, de Sylvie Miller et Philippe Ward
L'étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman
Le club des punks contre l'apocalypse zombie, de Karim Berrouka


Automne Douceur de vivre
Le songe d'une nuit d'octobre, de Roger Zelazny
Père et fils, tome 4, de Mi Tagawa
L'enfant de poussière, de Patrick Dewdney


Automne ensorcelant
Atelier des sorciers, tome 3, de Kamome Shirahama
Wild Cards, tome 2 : Aces high, dirigé par George R. R. Martin
La voie des pierres, tome 1 : Les pierres et les roses, d'Elisabeth Vonarburg


Automne enchanteur
Les sentiers des Astres, tome 2 : Shakti, de Stefan Platteau
La fée, la pie et le printemps, d'Elisabeth Ebory
Guinevere, de Jean-Louis Fetjaine



N'hésitez pas à nous rejoindre ! :)


mardi 28 août 2018

Plaguers - Jeanne-A Debats







Résumé : La terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité. Dans ce monde les adolescent sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments. Le monde les rejette.


Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…



Avis : Premier roman publié de Jeanne-A Debats, dont j'apprécie déjà pas mal de textes. Plaguers m'avait interpellée à sa sortie, et puis... et puis comme beaucoup de livres font envie, j'ai lu d'autres choses, un peu oublié. En relisant le propos il y a peu, je me suis aperçue que l'envie était toujours là, et je m'y suis mise.

L'univers et l'environnement des plaguers m'a d'emblée plu : on découvre la façon dont ils s'organise dans la réserve, organisation complètement anarchique et basée sur le bon sens de chacun, mêlé à la découverte de leurs pouvoirs et de leurs potentialité. Il y a là un petit côté Harry Potter, ce plaisir de découvrir un univers à part, le tout dans un contexte initiatique.

Les personnages sont vraiment sympa. Quentin, personnage principal agréable, cependant pas forcément le plus intéressant. Illya est un personnage féminin relativement exécrable, mais cela fait du bien d'avoir une figure femme de cette trempe. Enfin, femme... on aborde avec Illya la question du genre, car de femme, elle ne l'est plus vraiment. D'autres personnages étoffés donnent vraiment plaisir à découvrir Plaguers, comme l'ombrageux Brahim, ou le doux Honoré, ou encore le couple Fred-Leila, d'autant plus que chacun possède sa part déplaisante, mais aucun n'est dépeint de manière manichéenne. Le principe des Uns est également un point fort du roman et constitue un mystère qui tient le lecteur jusqu'au bout.

Quant à l'intrigue en revanche, j'ai moins accroché que pour d'autres textes de l'autrice. Si le déroulé de l'affaire est intéressant - un événement assez lourd et inquiétant à l'extérieur de la réserve -, je l'ai trouvé trop en filigrane. Le côté découverte de la vie des plaguers reste le point prégnant, et qui prend le pas sur le reste. Si cela ne m'a pas déplu, je dois dire que cela fait de Plaguers un livre que j'ai davantage apprécié pour ses inventions et son atmosphère que pour l'histoire en elle-même.

Un texte néanmoins fort sympathique, qui touche à beaucoup de thèmes : la diversité, le genre, l'écologie et le déclin de notre planète. Un conte agréable à parcourir.


Sympa !




jeudi 9 août 2018

Cyberland - Li Cam









Résumé :
 Ici le destin se décide œil pour œil, dent pour dent.
Tu ne te copieras point en dehors des Terres Parallèles.
Tu ne convoiteras pas le fichier d'autrui.
Tu ne formateras pas hormis pour sauver le système.



Avis : Un livre qui m'a longtemps fait baver dans lequel j'ai enfin plongé le nez. Je lis peu de cyberpunk, mais les quelques ouvrages que j'ai lus (Neuromancien de William Gibson bien sûr, mais aussi l'excellent Carbone modifié de Richard Morgan) m'ont plutôt engagée à y revenir... Et j'ai très bien fait, puisqu'avec Cyberland, j'ai passé un très, très bon moment de lecture. 

La première plongée dans l'univers est un peu déstabilisante, mais l'adaptation se fait très rapidement. Il s'agit ici, pour nos protagonistes, de s'infiltrer dans l'Infosphère et d'y mettre fin. L'Infosphère est la création de la toute première IA, le nouvel internet, espace connecté, dans lequel les infonautes se retrouvent, en réalité virtuelle. Scoop, on pourrait craindre de vite tomber dans un univers jargoneux ; il n'en est rien. Très vite à l'aise avec l'environnement, on s'attache très vite aux personnages : Louise, Humod (humaine modifiée pour se connecter directement à l'Infosphère) guide, qui fait découvrir aux autres autant qu'au lecteur l'univers dans lequel elle évolue ; le timide Lu-Pan, Saïd et sa façade de grand adolescent un peu à la ramasse... Découvrir l'Infosphère a été un réel plaisir, et le premier tiers laisse présager le meilleur, au travers de nombreux rebondissements.

Les choses se corsent un peu lorsque l'histoire installe nos héros dans une sorte de jeu RPG, qui s'avère ne pas être ce qu'il paraît être. J'avoue, la bonne moitié de cette partie m'a un peu perdue. Comme Saïd et ses amis, on navigue un peu dans le flou. Pourtant, rien n'est laissé au hasard et tout trouve sa place. Et plus encore lorsque l'on atteint la dernière partie, dans Asulon, la prison-camp de rétention des Humods construite par le gouvernement. Un personnage jusqu'alors en retrait prend son importance, et je dois avouer que toutes les imbrications que l'autrice tisse, toutes les réflexions qu'elle suscite sur ce qu'est l'humanité, sur les relations humanité / IA, sur l'identité... sont particulièrement intéressantes. 

En somme, un excellent ouvrage à découvrir, dans lequel on se coule avec aisance et plaisir grâce à une plume fluide, presque graphique. Si vous recherchez un bon livre de SF, je ne peux que le recommander :)


C'est du bon !!

mardi 7 août 2018

Des sorciers et des hommes - Thomas Geha








Résumé : Sur la grande île de Colme, quand on sait mettre toute morale de côté, la vie offre de nombreuses opportunités. Boire, voler, rudoyer ou tuer, tel est le quotidien de Hent Guer, un guerrier redoutable, et de Pic Caram, un sorcier aux rubans. Tous deux écument routes et cités à la recherche de proies faciles. Toutefois, leurs plans se trouvent contrariés lorsqu’un matin de gueule de bois, Hent constate, impuissant, la disparition de Pic. Sur la grande île de Colme comme ailleurs, les talents d’un sorcier aux rubans attirent bien des convoitises ! Pour le mercenaire, pas question d’abandonner son partenaire de crime : spolier son prochain est beaucoup plus drôle avec l’aide d’un sorcier à la morale légère. 



Avis : Et un nouveau coup de coeur pour un texte de Thomas Geha. Après les Alone (que je ne peux que conseiller très chaudement à qui recherche un bon post-apo qui ne plombe pas du tout le moral), nous voici dans un monde fantasy, qui s'ouvre sur les aventures de héros peu moraux. Car en effet, Hent Guer et Pic Caram, en plus de n'être guère recommandables, ne s'embarrassent pas de scrupules : ça brûle, ça pille et ça massacre allègrement... mais pas sans conséquence. 

J'ai beaucoup aimé les quelques fils narratifs développés au travers du récit. Ceux-ci se rejoignent dans le dernier quart du roman, mais plonger dans chacun d'eux m'a fait l'effet de m'immerger dans un nouveau récit. Nouvelles inventions, nouveaux personnages (même si Hent et Pic se retrouvent en filigrane les quelques fois où ils sont absents), nouvelles atmosphères. De la sorcière marine Bikkir à Drao Druber en passant par Joanni la guerrière, Yasi l'espionne ou le grandsang Velveille, autant de personnages et d'aventures. Autant de personnages qui ont tous leurs noirceurs, leurs failles et leur histoire. 

La façon dont les fils se tissent et s'entremêlent est d'autant plus réussie que chaque élément trouve sa place à la fin, de manière subtile. Le monde fantasy que l'on découvre offre de nombreuses découvertes qui me laissent vraiment très en attente d'en découvrir un peu plus : sur les Grandsang, sur Scalèpe, sur la Mer d'os... De même que, j'avoue, j'aimerais beaucoup retrouver ces personnages dans de nouvelles aventures.

J'ai retrouvé dans cet ouvrage quelque chose qui m'avait totalement séduite dans Alone : une atmosphère pas toujours drôle, mais pas pour autant anxiogène. Un petit côté bon enfant, une histoire colorée et très plaisante et aisée à lire, qui n'en réserve pas moins des surprises et une certaine complexité, sans tomber dans la facilité, le manichéisme. On a là une histoire, dans laquelle on aime à se glisser confortablement. 

En somme, un texte que je ne peux que recommander.


Coup de coeur



La Trilogie de la Poussière, tome 1 : La Belle Sauvage - Philip Pullman






Résumé : À l'auberge de la Truite, tenue par ses parents, Malcolm, onze ans, voit passer de nombreux visiteurs. Tous apportent leurs aventures et leur mystère dans ce lieu chaleureux. Certains sont étrangement intéressés par le bébé nommé Lyra et son dæmon Pantalaimon, gardés par les nonnes du prieuré tout proche. Qui est cette enfant ? Pourquoi est-elle ici ? Quels secrets, quelles menaces entourent son existence ? Pour la sauver, Malcolm et Alice, sa compagne d'équipée, doivent s'enfuir avec elle. Dans une nature déchaînée, le fragile trio embarque à bord de La Belle Sauvage, le bien le plus précieux de Malcolm. Tandis que despotisme totalitaire et liberté de penser s'affrontent autour de la Poussière, une particule mystérieuse, deux jeunes héros malgré eux, liés par leur amour indéfectible pour la petite Lyra, vivent une aventure qui les changera pour toujours. 



Avis : Fan de la saga A la Croisée des mondes, découvert à la toute fin de mon cm2 - saga qui avait détrôné le petit sorcier Harry potter en terme de livre préféré - , la parution d'une préquelle ne pouvait que me tenter. Un brin réticente cependant, car en terme de retours sur une saga à succès, je suis en général assez déçue. 

Il n'en a rien été cependant. Le plaisir a été grand de retrouver l'univers parallèle de Lyra, dans cette histoire encore un bébé. Renouer avec les daemons, la poussière, et surtout, le mystérieux objet qu'est l'aléthiomètre... miam. Les personnages sont aussi attachants que ceux de la saga d'origine. J'ai beaucoup aimé suivre le quotidien de Malcolm, fils d'aubergistes, garçon serviable et débrouillard. J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de sa relation avec Alice, jeune femme plutôt rèche au premier abord... mais personnage qui s'avère bien plus intéressant qu'on ne le pense au fur-et-à-mesure de l'avancée du roman. J'y ai retrouvé un peu de cet aspect sauvage et indépendant qui m'avait tant plu chez Lyra. 

On retrouve également un grand méchant emblématique suivi d'un daemon effrayant. Tout comme Mme Coulter et son singe m'avaient terrorisée, enfant, cet homme et sa hyène folle m'ont particulièrement marquée. Tout comme Mme Coulter n'est pas une antagoniste antipathique et gratuitement méchante, ce mystérieux homme fou et son daemon mutilés ont une part d'humanité. On ne peut s'empêcher de les détester autant que de les prendre en pitié. 

Enfin, l'histoire en elle-même, par le style de narration et les éléments, emportent une fois de plus le lecteur dans un conte formidable, au gré des flots et à travers des aventures qui tiennent souvent du domaine du merveilleux. Les thèmes abordés sont traités finement (et pas du tout artificiellement) : intolérance, fanatisme, culture, ouverture... 

Autant d'ingrédients qui ont fait que j'ai retrouvé l'état d'esprit dans lequel j'avais lu cette saga. Autant d'ingrédients qui me font dire que cette préquelle vaut vraiment le coup, si vous souhaitez vous replonger dans cet univers. 

Le prochain tome devrait, à priori, mettre en scène une Lyra cette fois âgée de vingt ans, et narrer des événements après A la Croisée des mondes. Dans tous les cas, je serai sans faille au rendez-vous.



Coup de coeur


dimanche 24 juin 2018

Cell 7 - Kerry Drewery






Un bouquin récupéré un peu par hasard, et au final je dois dire que j'ai été très agréablement surprise.
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Il s'agit d'une histoire en 7 chapitres. 7 parties pour les 7 derniers jours de Martha, adolescente de 16 ans accusée du meurtre de Jackson Paige, star parmi les stars. Dans cette société, juge, avocats, tribunaux se sont effacés au profit d'une "justice" qui donne la voix à tout le monde : la télé-réalité. Par l'intermédiaire de shows télévisés, tous les soirs, les animateurs présentent l'accusé et les éléments à charge/.Et si, au bout des 7 jours, l'accusé est considéré coupable, alors la chaise électrique l'attend. Seulement, au milieu du marasme, seule Eve Stanton, ex-avocate, désormais conseillère auprès des accusés, trouve que Martha s'est accusée du meurtre avec un peu trop de conviction.
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Alors certes, il ne s'agit pas d'une dystopie hyper fine. D'ailleurs, c'est souvent pour cela que j'ai beaucoup de mal avec les dystopiesdites "young adult". Mais par la proximité que cette histoire induit avec les personnages et les paroles placées dans la bouche des héro.ïne.s, je le trouve vraiment très approprié pour aborder et mettre en exergue l'absurdité de la peine de mort.
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D'un bout à l'autre de l'ouvrage, on suit Martha et ses souvenirs, Eve et sa lutte désespérée pour tenter de trouver des preuves et changer le cours des événements, l'émission... Et jusqu'au bout, on se ronge les ongles de savoir si oui ou non Martha sera exécutée. Le fonctionnement par flashback fonctionne bien et permet de retracer ce qui est arrivé à la jeune accusée.
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Durant le dernier tiers, il m'a été impossible de lâcher le livre - ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps - , et même si certains éléments finaux sont un peu gros ou un poil trop mélodramatiques, l'ensemble est mené avec brio.
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Une très bonne surprise. Je ne sais pas si je lirai la suite. Le livre se termine de telle manière que je crains un raté. Je préfère considérer les dernières pages comme une fin ouverte ^^



Sympa

dimanche 3 juin 2018

Le vieil homme et la guerre - John Scalzi






Résumé : « J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé. » À soixante-quinze ans, l’âge requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, billet pour les étoiles, mais sans retour. Rien ne le retient plus sur Terre. Combien d’années peut-il espérer vivre ? S’engager, c’est protéger l’expansion de l’humanité dans la Galaxie, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Mais qu’advient-il réellement de ces recrues ?



Avis : Un ouvrage sur lequel j'ai lu plein d'éloges depuis sa sortie. Je l'ai enfin lu. Si je peux dire que je l'ai refermé sur un ressenti positif, j'ai trouvé le livre globalement en dents de scie.

La première moitié m'a paru laborieuse pour plusieurs raisons. Le ton adopté, tout d'abord, reflet des états d'âme de John Perry - ton très relâché, et parsemé d'un humour qui me fait à peine sourire. Le style est très fluide, mais je l'ai aussi trouvé relativement aseptisé. Les débuts du héros à l'école militaire reflète tout ce que je n'aime pas dans les oeuvres qui mettent en scène des militaires - l'auteur prend même la peine d'écrire, dans la bouche de l'un de ses personnages, que ça ne sera pas cliché. Je ne sais pas si c'est de l'humour (que je n'ai pas trouvé drôle), mais on est malheureusement tombé en plein dedans.

J'ai trouvé ce livre et ses personnages particulièrement bavards, au point que ça m'a plus d'une fois agacée. Tout est expliqué, et ça parle et ça parle et ça parle. J'ai trouvé la proportion dialogues - narration déséquilibrée, et pas pour le bien de l'ouvrage.

Les personnages sont sympathiques... mais manquent d'un petit quelque chose qui les rendrait plus proches du lecteur. Les amis que John se fait juste avant d'entrer dans l'armée sont à peine esquissés. Si quelque sympathie pour l'un ou l'autre peut survenir - j'ai notamment plutôt apprécié Alan -, ils sont tellement peu exploités qu'on en aperçoit pas grand-chose. De même que l'on croise des gens, des soldats... mais en dehors de John, difficile de sentir s'étoffer un vivier de personnages.

Enfin, John lui-même. Certes, je l'ai plutôt apprécié, mais je ne le trouve pas raccord avec lui-même. On lui permet de vivre une seconde vie, certes. Mais reste qu'il a soixante-quinze ans de vie derrière lui, soixante-quinze ans d'expérience - d'une certaine sagesse ? - que l'on n'a pas à vingt ou trente ans. J'ai trouvé que cet aspect ne transparaissait pas du tout dans sa mentalité. Le héros paraît vingt ou trente ans de mentalité. Cette particularité du personnage aurait pu être intéressante à exploiter, d'autant que cette seconde vie est la base de l'histoire. J'ai clairement trouvé que l'auteur avait raté un truc de ce point de vue. Et ce que je dis pour John est aussi valable pour les troupes dans lesquelles il s'engage. Dommage.

Bon. Ceci dit, je râle, je râle comme je sais si bien faire. Cependant, comme je l'ai dit plus haut, j'ai refermé le livre sur un ressenti plutôt positif. La deuxième partie est bien plus pêchue et, au moins, on laisse de côté le défilement ultra-rapide des débuts de l'histoire pour accrocher davantage quelque chose. C'est là que quelques personnages gagnent un peu en épaisseur. C'est là que plusieurs fils à peine esquissés jusque là par l'auteur prennent sens, et de manière intéressante - tout l'arrière-fond avec les Consus notamment.

C'est là aussi que des révélations sont faites - même si je vous avoue que la surprise n'est guère surprenante ; avec un peu d'attention, on voit la chose arriver à grand pas dès le premier quart du bouquin.

En somme, si ce fut une lecture agréable, je ne me suis pas du tout sentie transcendée par cette lecture. J'en ressors comme d'un bon livre d'aventure spatiale. Je lirai certainement la suite ; car je suis curieuse d'une chose que j'attendais mais qui n'est pas survenue : l'auteur va-t-il introduire des éléments de réflexion sur l'aspect de la colonisation spatiale ? La suite au prochain épisode ;)



Sympa

jeudi 31 mai 2018

Rois du monde, tome 1 : Même pas mort - Jean-Philippe Jaworski

 




Résumé :  Je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons. Pendant la guerre des Sangliers, le haut roi, mon oncle Ambigat, a tué mon père. Ma mère, mon frère et moi avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu'il n'est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés. Le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s'est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : il nous a envoyés, mon frère et moi, guerroyer contre les Ambrones. Dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril, et je suis tombé dans un fourré de lances. Mais l'impensable s'est produit : je ne suis pas mort.



Avis :  Une petite relecture qui ne fait pas de mal avant de me lancer dans le tome 2. Avec une trame aussi dense, Même pas mort exigeait que je me remette dans le bain. C'est chose faite, et je ressors de cette immersion tout aussi émerveillée que lors de la première fois. 

J'ai aimé cette immersion dans un monde celte brumeux et verdoyant, inquiétant, peuplé de dieux, d'hommes-bêtes, de légendes. J'ai aimé la finesse et les jeux narratifs déployés par l'auteur. Plus on a l'impression de se perdre dans les méandres de l'histoire de Bellovèse, et plus on est émerveillé de voir les fils se réunir en un seul à la fin. 

J'ai aimé ce constant jeu sur les frontières, les seuils, les limites entre les mondes, ceux de la vie et de la mort, du rêve et de la réalité. J'ai aimé les femmes de ce roman, qui ne s'en laissent pas compter, loin de là. J'ai aimé la fin, la clôture inattendue de l'ouvrage.

Un ouvrage emplit de féerie et dont on ressort cotonneux, avec l'impression de sortir d'un songe un peu moite, sans plus trop savoir nous-même ou l'on en est.

A découvrir de toute urgence.



Coup de coeur


samedi 5 mai 2018

La désobéissante - Jennifer Murzeau







Résumé : Paris, 2050. Bulle découvre, catastrophée, qu'elle est enceinte. Autour d'elle, le monde est un naufrage. Sous des dômes, les plus riches se calfeutrent, ignorant les misérables qui se débattent audehors, rendus inutiles par l'automatisation. Le chômage a atteint 70%, la violence envahit les rues. Les plus dociles gobent leur Exilnox, les yeux voilés par des implants connectés. Sur les holordis, les murs, partout, brillent les pubs et les flashs info anxiogènes. Alors un enfant, là-dedans... Pourtant le garder, c'est refuser de se résigner. Avec une poignée de hackers, Bulle choisit la lutte.



Avis : Voici un ouvrage conseillé par une personne de mon entourage qui ne lit pratiquement pas de science-fiction, d'une autrice que je ne connaissais pas du tout. Suspens donc, et curiosité.

Il s'agit là d'un texte d'anticipation qui, de prime abord, propose un futur relativement noir, pollué, abîmé et en décrépitude. Le genre humain s'est perdu dans les méandres du commerce et des industriels, de la publicité, du tout chimique. Le style d'écriture, au début, paraît relativement maladroit. Le temps de narration et le déroulement m'ont un peu dérangée. Au fur et à mesure de l'avancée du récit cependant, soit que je me sois habituée, soit que le style de l'autrice se soit affirmé, le récit coule de mieux en mieux.

Côté contenu, des personnages marquants, humains, ballotés par une société où le vivant et le social ne veulent plus dire grand-chose ; des humains animés par une certaine idée de ce qu'est la vie, et qui se donnent les moyens de la vivre. Même à partir de rien.

J'ai beaucoup aimé les réflexions et analyse de notre société que l'autrice réalise à travers le prisme de ce récit de science-fiction. Beaucoup de choses qu'elle évoque sont pratiquement déjà là, elle se contente juste de les imaginer demain. Les interrogations amorcées sont réellement intéressantes : pourquoi chaque génération accuse la précédente de ruiner leur environnement mais ne fait rien ? Pourquoi, dans un monde où l'information est toujours accessible et où tout le monde est au courant (du réchauffement climatique, de l'état de pollution, de l'épuisement des ressources...), personne n'agit ? Surtout alors que des solutions alternatives existent (zéro déchet, repair café, permaculture, ...). Comment nous sommes-nous venus à nous enfermer ainsi ? Cherche-t-on à contrôler les gens, ou les gens sont-ils les acteurs d'un contrôle que l'on nous fait intérioriser ? Comment peut-on en arriver à une nourriture qui coûte toujours moins (et qui devient même gratuite dans cette histoire) ?

Pas vraiment de réponses, mais des pistes, des idées lancées avec une certaine justesse. Des questions qui peuvent paraître inquiétantes et étouffantes  lorsque l'on regarde autour de soi ; et pourtant, c'est avec une foi en l'être humain, un regard positif que l'autrice conclut son texte. Et ça fait du bien.

Une découverte très intéressante et enrichissante, à conseiller à toutes celles et ceux qui aimeraient imaginer un demain pas forcément tout noir.


    
C'est du bon !

samedi 21 avril 2018

Anthologie Civilisations disparues - collectif






Résumé : Les siècles passent, les peuples aussi, mais restent dans les esprits. Leurs croyances hantent toujours la terre. Qui sont-ils vraiment ? La question demeure. Toutes ces cultures à demi ensevelies fascinent en nourrissant nos peurs les plus primales. Momie vengeresse, temple abandonné, talisman maudit, rituel du fond des âges ; autant de thématiques exploitées par les auteurs du fantastique.

Au détour d’événements aussi étranges qu’inquiétants s’éveilleront les Celtes d’Irlande et leur peuple légendaire, les Leuques gaulois, les Scythes, la magie vaudou, les guerriers Vikings, les curieuses statues de l’île de Pâques, les Étrusques, les Incas, la glorieuse Byzance, les Égyptiens et les Nabathéens.



Avis :  Le pari des éditions Luciférines était de proposer des nouvelles fantastiques contemporaines, et je dois dire que l'idée de dépoussiérer un peu le genre est réussi. Il est vrai que pour ma part, je suis restée coincée du côté de Poe, Maupassant ou Théophile Gauthier, et la perspective de lire des textes récents appartenant à ce genre me plaisait bien. A la fin de chaque nouvelle, la civilisation qui a inspiré la nouvelle est présentée.

Un recueil que j'ai apprécié d'un bout à l'autre à travers la diversité dont il fait preuve : diversité de styles et de formes, les nouvelles sont réussies, et sont parvenues à me faire renouer avec cette ambiance angoissante, parfois poisseuse, que j'apprécie dans le fantastique. 

Bien sûr, j'ai mes coups de coeur. Le sacrifié d'El Plomo qui joue jusqu'au bout le jeu : délire adolescent ou surnaturel dans le drame qui se joue ? Entre deux visage, court mais dont j'ai beaucoup aimé le jeu par l'intermédiaire du miroir. Erin et son ambiance forestière et proche de la nature, qui m'a beaucoup fait penser au druidisme. L'atmosphère de cette nouvelle, des esprit sauvages, m'a beaucoup parlé. Les pourrisseurs et son ambiance glauque et hallucinée, un peu à la Lovecraft... mais en mieux (cela dit je le confesse, je n'aime pas Lovecraft). Bährenhaftigkeit m'a également beaucoup plu, déjà par le propos, mais aussi par la forme adoptée, celle de témoignages des protagonistes lors d'une enquête, qui permet de ménager pas mal de surprise ; exercice réussi ! 

Les autres nouvelles sont très bien elles aussi, mais m'ont un peu moins parlé. Même si la qualité de style et d'imagination restent présentes. Découvrir de nouvelles plumes m'a aussi fait beaucoup de bien (parce que, c'est vrai, j'ai tendance à rester un peu accrochée à ceux que j'apprécie). Un très bon recueil, que je ne peux que conseiller à ceux qui aiment le genre.


C'est du bon !

vendredi 13 avril 2018

La Route - Cormac McCarthy







Résumé : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.



Avis : Voici un livre qui maque à vie. Un de ces livres qui grandissent humainement le lecteur, qui les bouleverse et les changent profondément. J'ai cru que je regretterai cette lecture, tellement j'ai lu et entendu des témoignage sur le mal-être qu'elle induit. Mais au final, j'ai plutôt l'impression d'en être sortie grandie.

Le fait que l'on n'ait pas de dialogue, pas de nom pour les personnages, aucune explication retranscrit bien cette idée d'un monde passé, perdu, moribond depuis on ne sait combien de temps, qui disparaît lentement sous la cendre, dans un silence terrifiant.

D'un bout à l'autre on ne peut s'empêcher de se demander : mais comment peuvent-ils vivre ? Combien de temps encore ? Comment peuvent-ils continuer ? Il n'y a plus rien. Plus personne, plus de but, plus de vie. Et pourtant on ne peut s'empêcher d'admirer ces deux êtres qui ont la vie chevillée au corps et qui continuent à cheminer.

Tout ça, on ne peut s'empêcher de le ramener à soit : qu'est-ce que je ferais ? Aurais-je la force ? Et ce rapport constant à la perte du parent ou de l'enfant (et en plus quand on est parent, je trouve ça encore plus angoissant - je ne suis pas sûre que ce livre aurait eu une telle portée sur moi quelques années en arrière).

Les personnages sont très forts, entre l'homme qui avance, qui protège, qui préserve. Avec l'enfant, son enfant, son garde-fou. Très certainement ce qui le raccroche à la vie, ce qui lui permet d'avancer. C'est encore l'enfant qui l'empêche de sombrer dans l'inhumanité.

La chute est extraordinaire. Et, si elle apporte un brin de lumière sous toute cette cendre, je n'ai pu m'empêcher de la trouver d'une mélancolie et d'une tristesse abyssales. J'en ai pleuré.

Un très, très chouette livre. Dont je garde la teneur profondément ancrée en moi, malgré tout le désespoir qui en découle. La vie est là.

A lire.



Coup de coeur


mercredi 11 avril 2018

Ascendance, tome 1 : Le Baptême du Soleil - Bastien Pantalé






Résumé : Neït, Terre, Galéa, Anamets? 4 mondes aux physionomies et aux Histoires très différentes, 4 civilisations qui ignorent tout du lien qui les unit. Ce point commun, cet édifice mystérieux, conditionne pourtant leurs existences respectives. 

Lutter pour l'honneur d'une dynastie, révéler un mensonge millénaire, explorer des terres vouées à l'oubli ou mener une opération de sauvetage ; les destins des représentants de chaque espèce vont se croiser sous l'influence d'une énergie éblouissante. De cette rencontre naîtra une odyssée riche en découvertes ainsi qu'une complémentarité inattendue. 

Entre partage et remise en question, les réalités de chacun se verront bouleversées. Quel secret révélera leur voyage ? Quel espoir fera-t-il naître ? Quelle vérité y a-t-il... avant la vie ?



Avis : Avec cet ouvrage, je saute un pas que je n'avais jamais sauté jusque là, celui de lire un livre auto-édité. Livre envoyé en tant que livre voyageur par l'auteur afin de recueillir les avis. Initiative fort sympathique et créant du lien entre auteur et lecteurs.

Le Baptême du soleil, premier tome de la trilogie Ascendance, c'est quatre fils narratifs qui se réunissent en un seul. Quatre personnages, quatre mondes qui trouvent une réponse à leurs interrogations autour de bâtiments étranges : des pyramides.

Le ressenti que j'ai de cette lecture est en demie teinte ; il y a du positif dans ce livre, mais aussi certains aspects qui ont titillé mon sens critique. Côté positif, l'auteur a une plume, à n'en pas douter. Un style fluide, concis, qui sait brosser les situations et immerger le lecteur dans l'aventure. Une imagination plutôt originale ; sur les quatre fils narratifs (dont un se passe sur Terre), on sent une volonté d'innover et de proposer au lecteur des univers variés. Celui qui m'a le plus parlé, tant vis-à-vis de ma personnalité que de son développement, c'est sans doute Anamets, monde sauvage habité par un peuple qui respecte profondément la vie et la faune et la flore qui les entourent. De plus les inventions "typiques" sont plutôt bien pensées, notamment ce fameux Brihel qui sert à protéger la population des violentes marées qui ont lieu sur la planète. 

J'ai en revanche eu plus de mal à être convaincue par Bedeth et son peuple primitif. Un peuple présenté comme tel malgré sa maîtrise de la forge, l'organisation politique de son peuple, ses connaissances en navigation, etc. Ce peuple dont les individus se nomment "mâles" ou "femelles", qui les ramène davantage à l'état de bête. Il y a là je pense quelques petits points à travailler. 

Concernant l'histoire dans sa globalité, j'ai beaucoup aimé suivre les quatre fils tant qu'ils étaient séparés. Les complots politiques sur Bedeth. La mission de sauvetage d'Anamets. Les investigations de Maxime sur Terre. La virée exploratrice de Lyvius et son papa sur Galéa. Le message porté par l'auteur. Quatre fils qu'il m'aurait intéressé de suivre plus avant. 

Puis surgissent deux représentants d'une autre planète, les vidams. Les vidams qui vont lier ces quatre protagonistes. A partir de là, je dois avouer que j'aurais lâché l'histoire s'il n'y avait eu cette plume de qualité dont je parlais plus haut. Car entre les explications sur la création des peuples, le fait de sauver une planète, le clonage... j'ai eu un peu de mal. L'idée de base, la motivation des vidams, est plutôt intéressante, mais côté exploitation de cette idée, j'ai trouvé que l'ensemble manquait un peu de cohérence. L'auteur essaie de combler, et à raison, les points qui auraient pu poser problème, mais le développement qui en est fait m'a paru manquer de conviction. A un moment notamment, l'éthique de clonage est évoquée, et l'on touche presque aux questions de l'eugénisme ou de la création. Mais l'exploitation qui en est faite m'a paru à peine effleurer ces sujets, voire parfois être un peu confuse. Frustration.

Enfin, là où l'ensemble pêche le plus... c'est que l'on est beaucoup dans les explications. Que l'on s'y entende : je n'ai aucun problème avec les ouvrages contemplatifs. Là en revanche, je pense qu'il aurait été plus intéressant d'introduire un peu de dynamisme, plutôt que de poser les protagonistes en réceptacles un brin passifs des explications des vidams. D'autant qu'au final, je n'ai pas spécialement compris pourquoi les vidams embarquaient nos quatre héros.

Un avis, donc, un peu mitigé. Je pense qu'il y a, à la base de l'ouvrage, une matière vraiment intéressante. Des idées, une plume de qualité bref, tout ce qu'il faut pour faire une super histoire. Mais l'exploitation qui est faite de l'ensemble m'a paru en dents de scie, entre les passages très intéressants et très prenants, et des passages où l'on essaie de retrouver un peu nos billes, et de voir où l'auteur essaie de nous mener. Pour autant, j'ai refermé cet ouvrage avec une sensation d'ensemble plutôt agréable, et il pourrait être intéressant de lire la suite et de voir comment tout cela a pu maturer. 

Une incursion plutôt positive dans la lecture auto-éditée. Merci à Bastien Pantalé, qui m'a fait confiance pour cette lecture, et que l'on ne peut qu'encourager dans la poursuite de ses histoires à travers les étoiles :)


Lecture sympathique

samedi 7 avril 2018

Les Dieux Sauvages, tomes 1 & 2 - Lionel Davoust



 Tome 1 : La Messagère du Ciel

 Résumé : Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d'en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d'Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.

Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l'intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l'espoir de tout un peuple.





Tome 2 : Le Verrou du Fleuve

Résumé : Le royaume de Rhovelle représente l'ultime rempart contre l'avancée de l'armée démoniaque, mi-chair mi-machine, du dieu Aska. Au sein de la Rhovelle, une ville : Loered, dite le Verrou du Fleuve, qui contrôle l'accès au fleuve sacré Aÿs. Qui contrôle Loered contrôle le fleuve ; qui contrôle le fleuve contrôle la Rhovelle.Mériane, la Messagère du Ciel, a difficilement rassemblé une colonne de ravitaillement à destination de Loered assiégée par les Askalites. Mais une femme, une serfe, une paria, n'a pas voix au chapitre dans un monde d'hommes, fût-elle l'envoyée du grand dieu Wer. Et avant même de défier l'Armée de la Nuit, il lui faudra conquérir le coeur de ses pairs, affrontant d'un même ensemble les préjugés de tout un peuple et les pièges du dieu-démon. Sur la route du Verrou du Fleuve, son mythe s'écrira avant tout dans le sang, la terreur et la peine.




Avis : Il est des livres qui, quand on les referme, vous ont inspiré tellement de choses que vous ne savez ni par où commencer, ni comment traduire en mots tous les sentiments qui ont bouillonné en vous pendant la lecture. C'est pour cela que je n'ai jamais chroniqué le tome 1 des Dieux Sauvages. Je viens ce jour de tourner - à mon grand regret - la dernière page du tome 2, et je me dis que je ne peux pas ne pas parler de cette chouette saga. 

Car Les Dieux Sauvages, c'est pour moi actuellement une des meilleures sagas de fantasy actuelles. J'avais découvert Evanégyre à travers La Volonté du Dragon quelques années auparavant, et j'ai été totalement séduite par l'univers, l'artech et ce que nous en faisait apercevoir Lionel Davoust. J'ai été plus que ravie de redécouvrir cet univers à travers les aventures de Mériane.

Comment décrire ce que j'ai ressenti lors de cette lecture ? Jubilation devant cet univers mi-fantasy mi-post-apo, devant ces histoires d'Anomalies, d'animaux dangereusement corrompus par une magie ancienne, de dieux guerriers. Fascination et angoisse face aux créations bien flippantes d'Aska, de Daphn et de Ganner. Car ce qui se dégage des Dieux Sauvages, c'est une ambiance noire, glaçante, qui prend aux tripes, et des temps de suspens aux limites du supportable. Mais le coup très fort, c'est que l'auteur sait parfois glisser quelques facéties qui viennent détendre un peu l'atmosphère (le dieu Wer qui s'écrie "grâce de Moi-même" m'a plus d'une fois fait ricaner). 

Les premières pages du premier tome mettent un peu de temps à brosser le décor, mais ce n'est que pour mieux nous y plonger. Les personnages sont particulièrement bien campés ; de la buttée Mériane à Léopol, Croisé de Wer particulièrement à cheval sur la foi ; du suave mais inquiétant Ganner à la sadique Daphn ; du sympathique Luhac de Rovelle à la courageuse Izara ; des gentils aux méchants, le lecteur s'attache aux pas de chacun.e avec plaisir, curiosité, répugnance parfois (aaah Daphn, combien de fois j'ai été à la fois pressée, horrifiée et en même temps fascinée de lire ses chapitres...).

Là où le tome 1 narre les débuts de Mériane en tant que Messagère, le tome 2 raconte la défense du Verrou du Fleuve, ville d'une importance capitale. Il s'agit donc du récit d'un siège et d'une bataille. L'espace d'un moment je me suis sentie comme quand j'étais gamine, lorsque je lisais avec fébrilité les préparatifs de bataille du Rohan et du Gondor avant la bataille de la Porte Noire : rongeage d'ongles et excitation totale dans l'attente du moment M. Et un moment qui défouraille, qui vous embarque, qui vous entraîne aux côtés de Mériane, Daren, Léopol dans la furie des combats, dans un moment où les pages tournent sous vos doigts et où la réalité s'efface autour de vous (pardon, Monsieur Ryuu, qui essayait de me parler dans ces moments-là x) ). Le tout sur fond d'intrigues politiques comme j'aime. La fin ouvre sur de nouvelles questions (j'ai bien hâte d'en savoir plus sur Neÿs notamment).

Et puis surtout, surtout, le meilleur pour la fin, Les Dieux Sauvages est à lire, parce que j'y ai trouvé une héroïne digne de ce nom : forte, réellement ; buttée, débrouillarde, indomptable - et pourtant dégageant un brin de fragilité, d'humanité. Une vraie héroïne comme j'en ai rarement vu, surtout en fantasy, une vraie héroïne avec une vraie armure, une vraie personnalité, un vrai développement intéressant (à tel point que ma fille a failli porter son nom - sait-on jamais, si un jour elle a une soeur... ^^).

Bref. Vous l'aurez compris, Les Dieux Sauvages, je le range dans l'étagère de mes coups de coeur, aux côtés de Rois du Monde, de Jean-Philippe Jaworski, de Martyrs, d'Olivier Peru. J'attends la suite des aventures de Mériane avec grande impatience.



Coup de Coeur